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  • : Expression poétique / Inédits / Chronique littéraire et sociale / Extraits: Le Temps perpétuel; Sanctuaire du temps (AR); Sérail; Verdict ; Insolent
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18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 19:02

http://www.enkiri.com/heart_and_soul/albert_camus3.jpg

 

 

 

 

 

Le jour où tu as perdu la vie, j’avais à peine 7 ans. Je ne te connaissais pas encore ni même lu aucune de tes œuvres. Tu es  mort aux côtés de ton ami Michel Gallimard. A côté de ton corps sans vie,  gisait ton dernier manuscrit, le Premier homme. Ainsi tu es  mort comme tu as vécu, dans la lumière, dans le combat. Mais si tu as disparu avant terme, signant ainsi l’accomplissement d’un destin consacré à la quête de la vérité et le rejet de l’absurde, tu demeures vivant dans les cœurs de tous les esprits qui refusent la résignation à l’ordre établi, la soumission à cet absurde moderne qui consiste à consommer et se taire. Si je t’écris maintenant, au l’aube de mes 57 ans, après avoir vécu 10 ans de plus que toi, sans rien donner au monde que quelques éclats de vanité; à savoir du néant, c’est pour essayer de combler ce fossé qui nous sépare : ma dette vis-à-vis de toi. Certains pessimistes diront que c’est peine perdue. Mais la vie n’en est-elle pas une ? Je t’ai connu, lu, débattu, disserté, critiqué pendant mes dernières années de maîtrise en littérature. Tu as été le premier homme qui m’a appris à vivre mes principes, à écrire comme je le suis devenu,  sans concession, en combat perpétuel contre mon époque et les limites d’autrui qui t’entravaient tant, cherchant toujours un  refuge illusoire dans l’amour fugace des femmes et l’amitié incertaine des hommes. Mais si ton époque est définitivement révolue, cédant la place à celle où triomphent les fureurs de la vulgarité, le recul de l’esthétique, l’arrogance des hommes et le règne de la pègre universelle, tu incarnes pour toujours, et à jamais - sans que je me vois cédant à un sentimentalisme niais ou à une nostalgie puérile, le courage de la noblesse, la véritable noblesse; celle du refus du médiocre, de l’injustice et du massacre des innocents. Tu as heurté pas mal de sensibilités quand tu disais que les hommes meurent et ne sont pas heureux, que Dieu ne répond plus, donc il n’existe pas ; mais ton œuvre et ton acharnement dans la dignité, dans le silence, éblouissent encore, même après cinquante ans de ta disparition. Tu étonnais ton époque par cette franche et sombre faculté d’interroger le monde, la mort et le destin. Ta vie s’est écoulée en perpétuel questionnement. Tu as laissé des réponses nuancées, ouvertes, mais inévitables. Tu as mis à jour la plaie que constitue l’injustice délibérée. J’ai mis 23 ans pour parvenir à contredire quelques-unes de tes pensées,  interroger l’homme qui gît à l’intérieur du penseur. Avais-tu fait trop confiance à l’Homme ? As-tu vu seulement la lumière en lui et pas assez les ténèbres qui le tourmentent ? As-tu lu le Coran ? J’en conviens qu’à ta mort, une version française digne de ce nom n’avait pas encore vu le jour, à moins que tu ne l’aie pas voulu, occupé comme tu étais à régler tes divergences byzantines avec Sartre ? Lui, il n’a jamais eu cette qualité qu’il ne t’a d’ailleurs jamais pardonnée: le courage de dire la vérité et dénoncer le mal, sans violence, mais sans concession. Avais-tu eu raison de renoncer ta vie durant à la radicalité ?  Avais-tu eu le temps ou pas assez de comprendre l’existence du divin ? Ton courage t’a porté loin mais tu n’as pas eu le temps de bâtir ton œuvre, à ta mesure. Tu as laissé une vie à relire, des œuvres à revivre  et des femmes éprises, émues ou stupéfaites par ta disparition. Ton passage dans la vie de Maria Casarès en témoigne : une vie de grandeur, racontée par des corps. Quand je vois aujourd’hui les galeries littéraires du monde occidental exhiber des affiches, éditer des manifestes à ta célébration, à ta gloire, pour des raisons en partie mercantiles- restons courtois , la courtoisie étant elle aussi parmi tes qualités, je souris en pensant à mes nuits d’insomnie que j’ai passées, jeune homme, à disséquer tes écrits tout au long de mes recherches, à mes colères passagères quand un  tel principe ou un tel autre concept échappait  à ma compréhension, à ma révolte contre toi, à la passion que je voue à ton œuvre d’écrivain athée , moi qui est de confession musulmane. Je souris en me souvenant de cette folle idée de  représenter l’évolution de ta pensée dans une graphique chiffrée en 1974, illustrée  par des courbes et des rectangles expliquant comment tu as passé de la communion avec la nature au doute, du doute à la révolte, de la révolte à la confrontation avec l’absurde, de la Résistance au combat journalistique et de l’écrit  au théâtre , sans lâcher prise, aveugle comme tu étais parmi les hommes, traversant debout la douleur d’une maladie incurable, la solitude, le chagrin , la jalousie , la lâcheté et parfois même la trahison de certains à qui tu faisais confiance. Mais le jour où j’ai pensé me débarrasser de toi en décollant vers la poésie,  le jour où je me suis senti à l’abri, dans cette passion bigame des mots, dans cet espoir que tu as caressé mais abandonné avec amertume : rallier l’Algérie et la France à un principe de vie commune, tu es revenu en force me rappeler ma dette, hanter ma pensée, après un  demi siècle de ta disparation, prouvant ainsi que tu es un immortel qui se meut dans la durée, un homme qui interroge le sort des hommes, un homme qui s’installe dans le Temps perpétuel.

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Extrait du Temps perpétuel

Alex Caire - 2010

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28 janvier 2009 3 28 /01 /janvier /2009 13:20

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Issa Makhlouf nous propose un voyage dans le silence, dans le temps de l’amour premier, un voyage dans la mémoire où ses mots, pudiques, portés par une traduction lumineuse d’Abdel Latif Laâbi, rayonnent de cohérence et de mélancolie. L’auteur prétexte une correspondance adressée à une femme aimée jadis que sa sœur découvre. Les deux sœurs deviennent une seule incarnation dans le cœur du narrateur. Mais ceci n’est qu’un prétexte que l’auteur exploite avec toute sa maîtrise du verbe pour exprimer son amour de la vie et notre douleur d’exister. Issa Makhlouf décrit l’amour qui se construit, se déconstruit, au fil de l’étiolement du désir, de l’exil, de l’évocation de l’amour maternel que nul autre amour ne remplace. Pudique, il sonde ce néant qu’il ose à peine appeler absence, départ, éloignement. Les scènes s’ouvrent sur une rencontre, un lieu, un sentiment qui commence, fuit ou finit. Un poème clôt chaque chapitre : une prière dans ces temples lointains, inaccessibles, insondables qui sont les tréfonds de l’âme. Poète, l’écrivain nous mène sur le chemin du souvenir de la patrie, de l’espace intime ; celui de la mère et de l’amour, toujours avec cette radieuse mélancolie qui fait de la poésie et de la prose un tout inséparable, un lieu de la mémoire, une éternité.

                                                                                                    Né au Liban, Issa Makhlouf est  écrivain bilingue, poète, journaliste, traducteur et docteur ès Anthropologie sociale et culturelle. Ambassadeur aux affaires sociales et culturelles auprès de l’Assemblée générale de l’ONU à New York, il dirige l’information à la Radio Orient à Paris depuis juin 2008.  Auteur de Beyrouth, 1988, La Solitude de l’Or, 1992, L’Œil du mirage,2000, Mirages, 2004, La Pomme du Paradis,2006 et  Lettre aux  deux sœurs, 2008, son œuvre le situe au carrefour de la rencontre de cultures majeures.


                                                                                               

 Alex Caire, poète et critique littéraire francophone d’origine égyptienne

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 





 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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7 mars 2008 5 07 /03 /mars /2008 13:51

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Aucun romancier égyptien n'ose se départir de l'héritage de Mahfouz ni revendiquer publiquement sa succession. Et pour cause. Ses disciples1 le prennent pour ce qu’il fût : le maître. Cette impression se lit  dans le sourire gêné de Jamal Al’Ghitany ou dans les rires subits de Alaa Al'Aswani, quand on évoque Mahfouz.  Mais les critiques  littéraires étrangers, eux, vont dans tous les sens, fouillent les sarcophages du romancier, exposent  ses momies, visitent ses temples, revisitent ses écrits,  commentent, expliquent mais les critiques passent et Mahfouz reste. Le corps de l'oeuvre demeure imprenable. Si Mahfouz n'était pas devenu romancier, il aurait été psy. Pire. Il serait devenu une vedette de la presse people. Un invité permanent sur les plateaux de télévision. Tout ce qu'il abhorrait. L'oeuvre de Mahfouz ne se déchiffre pas facilement. Les clés y sont dispersées, voire introuvables. On a beau répété que Mahfouz était l'historien de son temps, tant qu'il faisait vivre les hommes politiques de son époque aux côtés de ses propres protagonistes : Saad Zaghloul, Mostafa  El’Nahhas, Makram Ebeid 2, etc.…  C'est en partie faux. Le double miroir de Mahfouz n’existe ni dans les rues du Caire ni dans le temps qui passe ni dans le pays qui change. Il gît dans cette analyse implacable de l'être. On pourrait avoir l'impression que tel ou tel personnage domine tel ou tel   roman,  y impose son empreinte. Mais il n'en est rien. Relisons Mahfouz. Tous ses personnages, ou presque, sont là, passifs, fatalistes, impuissants, suiveurs. Ils succombent soit à leur instinct, soit à la passion, à la maladie ou à la mort.  Ils n'agissent pas, ils réagissent. Mahfouz décrit rarement une action, mais dépeint des discussions, des réactions, des révoltes verbales, des frustrations qui font partie du paysage. Du paysage qui raconte du paysage. Le double fond de la boîte de Mahfouz.

 

L'exemple de Kamal Abdel Jawad 3 est flagrant. A l'école où il enseigne, au café avec ses amis, chez lui dans sa bibliothèque, au lupanar que tient la vieille maquerelle- ex-dulcinée de son père, il est en proie au doute. Sans répit. Après ses courtes répliques, un déluge d'états d'âme, de ressentiments submerge le lecteur ahuri. Kamal n'intervient pas sur sa vie, il subit son existence, souffre d’un manque perpétuel d’amour, inaccessible. Il lit, discute, se déplace, s'enivre, fornique et une fois le feu de sa honte apaisé, il regagne sa chambre d'éternel célibataire. Seul héros de la famille Abdel Jawad, Fahmi, son frère aîné, est mort dans une manifestation politique, si ce n’est leur mère Amina qui incarne l’Egypte patiente et résignée. Chez  Mahfouz, les vrais héros sont toujours absents ou ne vivent qu’un très court laps de temps. Ils s'empressent de partir. Ils tuent ou finissent fauchés par un destin imprévisible, une charge de police dans une manifestation politique, un guet-apens, comme en témoigne Le Voleur et les chiens4  ou La Quête2 .Ce double miroir rend l’œuvre de Mahfouz  insaisissable voire déroutante, même pour certains de ses intimes lecteurs.

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1) Il est d’usage de citer, parmi d’autres, Ibrahim Aslan, Mohammed Al’Bisatie, Gamal Al’Ghitany, Bahaa Taher et Sonallah Ibrahim

2) Héros de la Révolution de 1919 en Egypte et fondateurs du parti Al’ Wafd qui a mené la vie politique de l’Egypte de 1919 à 1952

3) Kamal Abdel Jawad, personnage axial du roman Al-Sukkariyya-1957-trad.Le Jardin du passé,1989. Dernier volume de la Trilogie de Mahfouz

4) 1961

5) 1965 
Alex Caire;  poète, éditeur et critique littéraire bilingue francophone d’origine égyptienne

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21 mars 2007 3 21 /03 /mars /2007 10:00

 

Ce poème , totalement imprévisible comme une vague de bonheur , est venu s'imposer à mon esprit et forcer ma plume, seulement à l'écoute du dernier chef-d'oeuvre du  lutiste tunisien Anouar Ibrahim, le Voyage de Sahar.

 Et comme l'eau  qui coule d'un ruisseau andalou vers un infini partagé de silence et de nostalgie,  la musique d'Anouar Ibrahim est venu effriter le rocher de mon âme, y laissant fleurir  des espaces  d'amour, de printemps et de temps perpétuel ....

Lui dédier ce poème qui décrit un des mille voyages de la lune va de soi

Ahmed Hamouda

Mars 2007

 

سفر القمر

 

 

 

 

 

 

يغرب عنى القمر

 

 

مرارا

 

 

ماضيا

 

 

فى سفره الغريب

 

 

 

 

 

وينحسر شعاع

 

 

الأمس

 

 

عل الغد يأتى

 

 

بفجر جديد

 

 

 

 

 

ولم يزل قمرك

 

 

باقيا

 

قرص من نور 

 

 

يضيىء قلبى

 

 

الذى

 

 

شيد لك

 

 

يا حبيبتى

 

 

 

رغم الرياح

 

 

رغم السنين

 

 

 

رواقا أبديا

من الياسمين

 

 

 

 

 

 

 

 

فكم من مرة

 

 

مررت

 

 

بهذا الروض

 

 

 

 

 

وكم من مرة

 

 

أوقفنى

 

 

هذا اللحن

 

 

وذاك الرنين  

 

 

 

 

 

كم من مرة

 

 

تسرًقنى

 

 

صوتك العنيد   

 

 

 

 

 

يعصف بالهدوء

 

 

من حولى

 

 

ويستقر فى نفسى

 

 

كنبض جديد قديم

 

 

 

 

 

عشق ما برح

 

 

يحفر أسمك

 

 

فى كل مكان

 

 

يبحر منه

 

 

قلبى إليك  

 

 

 

 

 

 

 

 

عشق

 

 

يشق صاخبا

 

 

سكون الفجر

 

 

 

 

 

شاطرا

 

 

سفر القمر

 

 

الى نصفين

 

 

 

 

 

نصف

 

 

يطير اليك

 

 

فرحا

 

 

كعصفور الصباح

 

 

 

 

 

ونصف

 

 

ينزح

 

 

مرتاعا

 

 

الى قلبى

 

 

كطفل يلوذ

 

 

بحضن أبيه

 

 

 

 

 

 

 

 

سفر القمر  

 

 

أحمد حمودة

 

 

قصر العشق

 

 

حورس ناشر-2007

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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2 février 2007 5 02 /02 /février /2007 17:55

 

*Andalouse

 

 Extrait de Insolent- Alex Caire- Editions Horus -1994

 

Traduit de l’espagnol par Isabel Esteban Gallego

Tous droits réservés – Horus Editeur

Ce poème a été traduit, publié et dédié en hommage au génie de Joaquin Rodrigo et à son oeuvre , immense don  au patrimoine culturel de l'humanité

 

 

Recorriendo con largo paso

 

las losas

 

de una calle perdida en Sevilla,

 

 

sus talones cerrados

 

conteniendo

 

apenas

 

sus tobillos rebeldes,

 

 

martilleando

 

en mi espíritu

 

la imagen de Tarek ben Ziad,

 

Goya,

 

Martel

 

 


 

 

 

 

Sacudida

 

por un crepúsculo imperial

 

color sangre,

 

oro,

 

bermejo,

 

 

ella se escapa

 

de un burdel,

 

de un arén,

 

de un palacio.

 

 

 

Carmen arrastra

 

su bello nácar,

 

anclado en mi piel,

 

mi corazón,

 

mis venas.

 

 

 

Ignorando

 

que yo estoy ahí,

 

 

llena de ilusiones

 

de gloria

 

partida humeante,

 

 

 

consumida por mi espera

 

que atraviesa esos siglos

 

y se desangra.

 

 


 

desgarrada

 

por su tristeza

 

yo me pregunto

 

cuántos califas

 

cuántos príncipes

 

la han cortejado.

 

 

 

Y a cuál matador

 

ella se le ha entregado

 

voluntariamente

 

o por la fuerza,

 

 

guardándose de llorar,

 

preservando su nobleza

 

el cristal de su alma

 

en un poeta,

 

un golfo,

 

un monarca

 

 

 

que ella conoció en otro tiempo

 

en un baile,

 

una fiesta,

 

un palacio.

 

 


 

Ella se lanza

 

hacia un desconocido

 

fútil

 

plastificado,

 

moderno,

 

 

cambia de opinión

 

una última vez,

 

 

arrugándose

 

se reserva,

 

se enoja,

 

sus encajes.

 

 

Orquídea negra

 

en una galería de hielo.

 

 

Ella se eclipsa,

 

rompiendo un acorde

 

de guitarra

 

eterna.

 

 

Ultimo rastro

 

de su fogosidad,

 

de su presencia.

 

 

Ella abandona todo,

 

replica,

 

digna

 

en busca

 

de un caballero

 

moro

 

agonizante

 

en los jardines de Aranjuez.

 

 

 

 

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Published by Alex Caire - dans Insolent
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7 septembre 2006 4 07 /09 /septembre /2006 16:38

 

 

 

A part les pyramidons inconnus de la Nubie, la basse Egypte compte 9 pyramides, dont les trois incontournables qui font partie du folklore habituel avec son cortège d'aberrations touristiques. Naguib Mahfouz qui vient de mourir à l'age de Ramsès II est la seule pyramide humaine des arts et des lettres modernes d'Egypte. Il est mort comme il a vécu: chez lui, dans son vieux Caire. Son Egypte à lui est une ruelle qui s'anime, un sourire, une main tendue, de la générosité face à l'adversité, une patience qui relativise tout,  un silence éloquent face à la tyrannie et à l'intégrisme de tout bord. Une vie de tolérance face à la myopie des hommes. Bref, du temps perpétuel. Viennent ensuite l'écriture, les mots, la vie qui est sa Donia*. Comme il se méfiait des louanges de son vivant, fuyait les récompenses, maléfiques selon lui, il est fort embarrassant de rendre hommage à un grand compatriote après son décès. Si les connaisseurs et les empressés d'y être parlent de l'écrivain, je préfère me souvenir de l'homme qui a enfanté l'écrivain. Toute la grandeur de Mahfouz est là.

 

 

 

 

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*Donia signifie en arabe monde, vie, univers.

 

  Naguib Mahfouz publie Donia'Allah en 1968

 

 

 

Alex Caire

 

Naguib - Inédit

 

Extrait du Temps perpétuel

 

Tous droits réservés

 

Horus Editeur-2006

 

 

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20 mars 2006 1 20 /03 /mars /2006 10:40


Pour la première fois de l’histoire, un homme d’Etat prend, dans ses mains périssables, le destin d’un continent et proclame l’avènement de l’Esprit ."Ce n’était pas un homme ordinaire que salua Malraux par ces mots.


S’il fut aussi un ami de Camus, Léopold Sédar Senghor a marqué son époque de son empreinte.
Chantre de la négritude en tant que culture, état d’esprit et manière de penser, il la conçoit comme une passerelle à la liberté intérieure de l’homme noir, une synergie entre la culture de ses ancêtres, son présent en tant qu’africain épris de liberté et son avenir qu’il lui appartient de bâtir. Négritude signifie ainsi pour ce barde africain liberté, ouverture sur autrui, valorisation de sa culture et de sa richesse intérieure, afin de mieux appréhender le monde et ses défis.


Ce n’est point un hasard que Senghor déclara avec fierté qu’une "nation sans poésie est une nation sans âme".

Ce n’est pas aussi par hasard qu’il fut un jour élu parmi les immortels. Senghor fait partie des êtres qui ont dompté leur temps, non seulement en laissant une œuvre à la postérité. Son œuvre, ses réflexions et même son action politique nous ont appris à créer un temps qui porte sa propre cohérence. Il nous a prouvé que c’est la culture qui rend possible les sursauts et ouvre les champs de l’humain.

Il déclara: "la culture est une certaine façon à chaque peuple de sentir et de penser, de s’exprimer et d’agir –qui est– la symbiose de la géographie et de l’histoire, de la race et de l’ethnie".

Malgré l’immense héritage qu’il nous a laissé, il était conscient de sa condition d’humain."Il n’ y a que Dieu pour tout réussir", disait-il au crépuscule de sa vie.



Inédit
Alex Caire
20 mars 2006
Tous droits réservés
Horus Editeur - 2006
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8 février 2006 3 08 /02 /février /2006 16:41

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De ton regard,

Naît le soleil,

 

De ton souffle,

Coule mon être,

 

Dictait mon ancêtre,

Enivré par son empreinte

Sur des barbares …devenus,

 

Par revirement de fortune,

Et déboires de l’Histoire,

 

Bâtisseurs d’absurde,

Et seigneurs d’apocalypse.

 

 

Impassible à l’appel

Du néant,

Et cultures de l’éphémère,

 

Je greffe ton nom,

Je greffe ton nom,

 

Frêle bouquet d’espoir,

 

Aux cotés de celle

Dont le regard signifiait le soleil,

Et le rire l’éternité.

 

 

 

 

 

 

 

Extrait de Souveraine

 

Alex Caire

 

Tous droits réservés

 

Editions Horus – 1997

 

 

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7 février 2006 2 07 /02 /février /2006 10:59

ســـــــــــفر

 

 

تسدل حبيبتي كل ليلة سترا من جمالها حائلا بينها وبين الزمن

 

 

غير عابئة به، تسير جميلة القدمين، حاملة عطرها المرئي، فى دروب ترسمها الرغبة ويحفها عدم الاكتراث

 

 

وحينما تتذكر وجودي، يجود ثغرها ببسمة تضيء الليل بشق من نور يذكرني بسفرها فى كياني واقتراب الفجر من جسدينا الهادئين


وعندما يستعصي عليها الرقاد، يجيء السهد ليلقى على جسدها الأرقط الفريد غلالة من الأرق تتوه فيها كلمات تملك وصلوات عشق، حين يطيب لها اعتقال الليل واحتجاز لحظات يلوذ فيها الليل بأولى خطوط الشفق، عله يلحق بركب الزمن الراكض خارج عالمها المنيع المفعم بأريج الحياة.

 

 

 

سفر

 

مقتطف من "محراب الزمن"

 

أحمد حموده

 

جميع الحقوق محفوظة

 

حورس ناشر-2010

 

 

Saffar - Voyage -

Extrait de محراب الزمن
Sanctuaire du temps

Ahmed Hamouda

Tous droits réservés

Horus Editeur- 2010

 

 

 

 

 

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22 novembre 2005 2 22 /11 /novembre /2005 16:06

Mon élue décline toutes les nuits des pans de sa beauté, obstacle entre elle et le temps.

Impassible à son effet, elle évolue, dans des pas de ses pieds splendides, portant son parfum visible, dans des chemins pavés de désir et bordés d’indifférence.  

Quand elle ressent ma présence, ses lèvres esquissent un sourire qui scinde la nuit d’un rayon de lumière qui me rappelle son voyage en moi et l’approche de l’aurore de nos corps apaisés.

Et quand le sommeil lui résiste, l’insomnie vient jeter sur son corps élancé unique un voilage d’inquiétude ou se perdent des mots de possession et des prières d’amour, quand elle s’avise de retenir la nuit et séquestrer les moments ou l’obscurité se réfugie dans les premières lueurs de l’aube, espérant rattraper le temps qui passe hors de son univers imprenable, chargé de senteurs de vie.

 

 

 

 

 

Inédit

Extrait de Sérail

Alex Caire

Tous droits réservés

Horus Editeur - 2005

 

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